Job étudiant pour les apprentis : le Ministre Peeters prend encore des mesures en faveur des patrons, sans protéger les jeunes !
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Le cabinet du Ministre de l’emploi a déclaré que dès juillet, les jeunes qui se forment dans l’apprentissage en alternance pourraient également travailler sous contrat d’étudiant.

 

 

 

 

Jeunes FGTB

 

 

 

Job étudiant pour les apprentis :

le Ministre Peeters prend encore des mesures en faveur des patrons, sans protéger les jeunes !

 

 

 

Kris Peeters nie une fois de plus la concertation sociale et les droits des travailleurs ! En effet, des discussions sont actuellement en cours au Conseil National du Travail (CNT) pour que les représentants des travailleurs et des employeurs se mettent d’accord sur la meilleure façon d’encadrer cette réforme. Les discussions devaient se poursuivre lors de la prochaine réunion du CNT le 28 juin prochain. Or, le Ministre déclare que l’Arrêté Royal qui modifie les conditions d’accès au job d’étudiant pour les apprentis est déjà sorti.

 

 

Les Jeunes FGTB et la FGTB rejettent les propositions des autres interlocuteurs sociaux et du Ministre. En effet, notre préoccupation essentielle est de protéger le jeune par rapport à ses droits mais également qu’il puisse disposer du temps et de l’énergie nécessaire pour mener à bien son apprentissage et obtenir une qualification.

 

 

Pour nous, ce qui pousse les apprentis à vouloir prester un job étudiant en plus de leur apprentissage, c’est le faible montant de leur rétribution. En effet, pour un 3/4 temps en entreprise, un apprenti ne gagne qu’un faible pourcentage du revenu minimum (en fonction de son âge ou de son niveau de compétence). De plus, la rétribution correspond souvent au maximum au montant qui permet de conserver le droit aux allocations familiales, à savoir à peine 530 euros bruts par mois. Les jeunes flamands qui travaillent moins de 20 heures par semaine ne sont quant à eux pas payés du tout !

 

 

Souvent, les apprentis produisent autant que les autres travailleurs de l’entreprise où ils se forment par la pratique, mais leur travail n’est pas justement rétribué, de même que leur accès à la sécurité sociale (leur travail avant 18 ans ne compte pas pour la pension par exemple). C’est pourquoi, nous tentons au niveau wallon de négocier une revalorisation de leur salaire, ce que les employeurs refusent catégoriquement ! Nous avons également dû nous battre pour empêcher les heures supplémentaires, en effet celles-ci étaient rarement payées et ne se justifiaient pas pour des jeunes qui étaient censés se former et non pas participer à la production.

 

 

Aujourd’hui, une fois de plus, le gouvernement n’est à l’écoute que du patronat : le Ministre de l’emploi autorise le job étudiant pour les apprentis sans pratiquement aucune balise. Ceci aura pour conséquences d’affaiblir le rapport de force de la FGTB dans les négociations pour augmenter les salaires des apprentis, de permettre aux employeurs de contourner plus facilement l’interdiction des heures supplémentaires et enfin de renforcer encore la concurrence qu’il y a sur le marché du travail entre les jeunes qui sont étudiants, apprentis et sans emploi.

 

 

Les apprenants quant à eux trouveront peut-être satisfaction dans un job d’étudiant sur du court terme, mais à quel prix ? L’épuisement, le risque de l’échec ou de l’abandon de la formation (parmi les étudiants, ceux qui jobbent échouent le plus souvent), aucune ouverture de droit supplémentaire à la sécu (le job d’étudiant ne compte pas pour le chômage, la pension…), moins de chance de trouver un emploi par la suite sur un marché du travail saturé de jeunes sous statuts précaires…

 

 

Plutôt que d’utiliser ces jeunes comme une main d’œuvre bon marché supplémentaire pour les employeurs et les actionnaires, le gouvernement ferait mieux d’investir dans leur formation, en soutenant les Communautés et les Régions pour l’équipement des centres, la qualité de l’encadrement et surtout, la revalorisation du salaire des apprenants et de leurs droits à la sécurité sociale (cette dernière étant toujours une matière fédérale), ce qui semble pour nous la voie la plus logique pour faire de cette filière, une filière « d’excellence », et non de relégation.